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Comment présenter la capitale du Brésil ? Un rêve, une utopie devenue réalité ? Par où commencer ?
Je ne suis pas trop citadine, je préfère les grands espaces… alors c’est un sacré choc de quitter la région du Pantanal pour rejoindre cette jungle urbaine ! Après tout ce vert et cette nature à l’état sauvage, je pénètre un paysage minéral. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, dans ce décor de béton, les espaces verts ont la part belle.

Une capitale au milieu de la savane

Brasilia est un challenge d’urbanisme, une prouesse architecturale. En seulement 1 000 jours, le président Kubitsek a réalisé sa promesse électorale en construisant de toute pièce une ville au milieu de la savane, sur un plateau à 1 200 mètres d’altitude, pour en faire la nouvelle capitale du pays, à 1000 km de Rio. Impressionnant, non ? Par la même occasion, il a fait un bond industriel de 50 ans en seulement 5 ans. Aujourd’hui, la capitale et ses 30 « villes satellites » comptent « seulement » 3 millions d’habitants – pas tant que ça pour une capitale d’Amérique Latine. La construction, sur cette terre rouge sauvage, a été mûrement réfléchie. Elle est en forme d’oiseau (les avenues principales représentent une grande croix tandis que les quartiers forment des ailes) pour un repérage simplifié et une hiérarchisation des quartiers (celui des banques, des hôtels etc…). La ville abrite aussi le plus grand parc d’Amérique Latine, où viennent se détendre 150 000 personnes chaque week-end. 

Des mini-quartiers très conviviaux

Ce que j’aime : la réflexion menée pour simplifier la vie des gens et la quantité d’espaces verts. Chaque quartier est conçu pour avoir une rue commerçante à l’avant et une partie résidentielle à l’arrière. Chaque bloc (superquadra) est entouré d’un petit parc où les arbres et les bassins sont de formidables terrains de jeux pour les enfants. Ces espaces communs vivants semblent doux à vivre. Les immeubles sont tous sur pilots, suivant l’inspiration du célèbre architecte suisse Le Corbusier. Au milieu, un concierge donne l’accès aux étages. Sur le tapis, les numéros du superbloc, de la rue et du numéro du bâtiment sont inscrits – il y a selon moi un petit côté psychorigide quand même… – L’arrière des bâtiments suit le modèle des moucharabiehs pour laisser circuler l’air dans les appartements traversant. Au-delà des commerces, les écoles et terrains de sports sont à quelques pas. Ainsi, tout peut se faire à pied. Mais tout a aussi été pensé pour les voitures. Il y a finalement peu de trafic (même en heure de pointe) dans Brasillia intramuros. 

Un échec social

Le gros bémol : cette ville a été pensée pour loger les ouvriers et la classe moyenne mais à l’heure actuelle, les hébergements sont inabordables, seuls les plus riches peuvent y vivre. Les ouvriers et classe moyenne concernés se retrouvent finalement en périphérie, avec 2h de bouchons tous les matins pour accéder à leur travail et autant le soir pour rentrer à la maison…

De façon générale, je suis consternée par les commentaires des différents guides et chauffeurs concernant la situation économique et politique du pays… Il existe des inégalités colossales, la vie est onéreuse – je dirai autant qu’en France, alors que le salaire moyen est de 800 €, les taxes sont nombreuses mais non redistribuées… Cela terni grandement l’image du pays.

Ce que je retiens de cette ville

C’est définitivement son architecture bluffante. Chaque édifice a un style et une histoire. D’ailleurs son architecte principale, Oscar Niemeyer a vécu 105 ans – ça conserve d’avoir des projets !

J’aime particulièrement :

  • Le moment de bonheur acoustique vécu sous l’arc faisant face au bâtiment de l’armée brésilienne : chaque son reçoit un triple écho – difficile à expliquer, il faut y aller pour comprendre. C’était très amusant d’écouter le guide déclamer un poème en Français, où chaque vers était répété 3 fois !
  • Le temple da Boa Vontade, sorte de centre culturel qui accueille toutes les religions pour un grand melting pot où l’altruisme et la solidarité sont prônés
  • Le ministère des affaires étrangères et son jardin aquatique aménagé avec de nombreuses plantes exotiques par un paysagiste de renom, Burle Marx
  • Son sanctuaire Dom Bosco avec ses 4 murs de 16 mètres de hauteur en vitraux bleus, au moins aussi beaux que sa cathédrale métropolitaine en forme circulaire et ultra moderne

Je pense donc que Brasilia est une ville où il fait bon vivre, dans la mesure où l’on a de l’argent pour vivre intra-muros. Et l’avantage est qu’elle est au centre du pays, à quasi-équidistance des villes principales du Brésil (Rio, Sao Paolo, Salvador), c’est pratique dans un pays qui fait plus de 15 fois la taille de la France !

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On se donne rendez-vous à Salvador de Bahia pour la suite de mon voyage !

Claudine

L'auteur Claudine

Après un périple en Amérique du Sud, au cœur de la culture latino-américaine, je m’éprends de la Colombie : sa diversité et son authenticité. J'y retourne régulièrement et, à chaque fois, c'est un coup de cœur.

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