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Isla Mocha (86)

Après mon escapade à Arauco et cette immersion au cœur de la culture Mapuche, nous voilà en plein ciel pour une destination un peu plus exotique : la Isla Mocha !

Pour les férus d’aviation, le « Piper Cherokee Six » vous parlera peut-être ! Pour ma part, ce nom m’était totalement inconnu jusqu’à ce que nous arrivions à l’aérodrome de Tirua, petite commune située au nord-ouest de Temuco. Une fois délestée des ¾ de ma valise et le gilet de sauvetage enfilé, je prends place à l’arrière de ce tout petit avion avec, comme voisins de siège : un sac de 25 kg de carottes, une cagette de tomates et quelques choux verts ! Le décollage a lieu sous un soleil radieux, non sans une certaine appréhension, je dois l’avouer ! Après 15 mins de vol, on atteint cette petite île de 50 km², répartie entre bosquets et pâturages.

En route vers la Isla Mocha !

À quelques 12 000 km de la France, on se croirait presque en Bretagne ! Les prairies verdoyantes s’étendent depuis le pied de la colline jusqu’aux longues plages de sable clair où déferlent les vagues du Pacifique. Les moutons paissent tranquillement en bordure de plage, des troupeaux de chevaux sauvages galopent sur la piste sablonneuse ; tandis qu’au loin, on aperçoit un char tiré par des bœufs. Entre quiétude et sérénité, ce lieu donne l’impression que le temps s’est arrêté il y a une centaine d’année, loin de l’agitation et du tumulte du continent. C’est un véritable havre de paix.

Afin de profiter pleinement de cet environnement unique, on décide de partir en randonnée à l’assaut de l’unique colline de l’île située à … 390 m d’altitude ! Le sentier est bordé d’une grande variété d’arbres natifs tels que l’Arrayanes reconnaissable à son écorce rouge brique ou encore le Canelo, arbre sacré du peuple Mapuche. Cette forêt est le refuge de nombreuses espèces d’oiseaux dont certains sont endémiques comme le « Rayadito de la Mocha », petit spécimen de 14 cm aux couleurs marbrées ou encore le « Chucao » lui aussi originaire de l’Ile. Après 2h de marche, on atteint enfin le sommet et son joli panorama sur le rivage rocheux. Pour le retour jusqu’à notre petit hôtel, changement de moyen de transport : cette fois, on grimpe sur une charrette en bois tirée par 2 magnifiques chevaux. Le paysage est absolument grandiose, le coucher de soleil sur l’unique phare de l’île vaut vraiment le coup d’œil. Ce fût un très beau moment de connexion avec mère nature !

Immersion dans les bois

Impossible de quitter l’île sans découvrir le phénomène des « Llamas del Mar » ou « flammes de la mer ». Notre guide Julio nous accompagne sur la plage dans un site bien précis. En effet, c’est ici-même que l’on observe de petites bulles sortir du sable humide. Il dépose quelques algues autour, prend une allumette et enflamme l’air qui sort de terre, chargé de méthane. Il renouvelle ensuite l’opération, mais dans l’eau ; à l’aide d’un long bâton, il embrase une émanation de gaz en pleine mer : manifestation naturelle assez spectaculaire !

Je n’avais pas imaginé trouver un petit coin de paradis comme celui-ci, si près des côtes chiliennes. Bien que le climat y soit souvent hostile, la vie y est douce et rythmée par les saisons.

Des plages splendides

Ces 10 jours de voyage en Araucanie auront été très enrichissants. J’y ai fait de très belles rencontres, découvert l’histoire chahutée du peuple Mapuche et parcouru des paysages somptueux. Un grand merci à Luis Roche de m’avoir conviée à ce beau projet, ainsi qu’à mes compagnons de route qui ont rendu ce périple haut en couleur !

Tags : carnet de voyage chilimapuche
Séverine

L'auteur Séverine

J'ai eu l'occasion de réaliser mon rêve de voyage et de partir plusieurs mois en Amérique Latine en sac à dos. Du Machu Picchu au Pain de Sucre, en passant par l'altiplano, je partage aujourd'hui ma passion au quotidien.

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